Les groupes biologiques similaires et leurs équivalences princeps ↔ biosimilaires. Cliquez une carte pour le détail : conditions de substitution, dispositifs d'injection et arguments comptoir. Pour les hybrides, voir l'onglet dédié. Sources ANSM / ameli / OMEDIT Île-de-France — vérifié le 7 septembre 2026.
Médicaments hybrides
Un hybride contient le même principe actif qu'un médicament de référence, mais diffère par l'indication, le dosage, la forme ou la voie d'administration — il n'est donc pas un générique, et pas un biosimilaire. Substituables : ceux inscrits au registre des groupes hybrides de l'ANSM. Registre au 25 juillet 2026.
⚠️ Les 3 choses à ne pas rater
- 4 spécialités ont un bouton de sécurité rouge. Les Diskus Airmaster (Arrow, Biogaran, Eg) et le Zentiva : le dispositif s'ouvre en appuyant dessus. Le registre impose d'en avertir le patient à la délivrance — ce n'est pas un conseil, c'est une condition inscrite au registre. Repérées par ⚠️ dans le tableau.
- Un seul groupe porte des restrictions : le Sérétide. Tous les autres sont substituables dans toutes les situations médicales. Lire la colonne « Quand » avant de substituer un Sérétide.
- Pas de « non substituable (MTE) » sur un hybride. Contrairement aux génériques, seules deux mentions existent : NS EFG et NS CIF. Une mention MTE portée sur un hybride n'est pas conforme — détail et conduite à tenir dans l'onglet Tiers payant.
| Substance active | Référence | Dosage & forme | Hybrides substituables | Quand |
|---|
⚠️ = bouton de sécurité rouge, à signaler au patient · NR non remboursé (le tiers payant contre hybrides ne s'y applique pas, faute de remboursement) · NC non commercialisé. Le registre ANSM compte 31 groupes au total ; ne figurent ici que ceux commercialisés et remboursés, les seuls qui se présentent au comptoir.
Ce que je dois faire à chaque substitution d'un hybride
- Informer le patient de la substitution de la référence prescrite par une spécialité du même groupe hybride.
- Inscrire sur l'ordonnance le nom de la spécialité délivrée — obligation explicite, comme pour les biosimilaires.
- Signaler le bouton de sécurité rouge pour les 4 spécialités concernées.
- Vérifier les excipients à effet notoire (voir ci-dessous) — c'est le seul point où l'hybride peut différer de la référence d'une façon qui touche le patient.
Base : art. L.5125-23 du Code de la santé publique (modifié par la LFSS 2019) · registre : art. L.5121-10 CSP.
Excipients à effet notoire — la règle de choix
Le registre ANSM précise, pour chaque groupe, les excipients à effet notoire et la nature des différences avec la référence. La règle recommandée :
- La spécialité prescrite ne contient pas d'excipient à effet notoire → choisir un hybride qui n'en contient pas non plus.
- La spécialité prescrite en contient → choisir un hybride avec le ou les mêmes, ou partiellement/totalement dépourvu.
Substituer par un hybride qui contient un excipient absent du prescrit reste possible dès lors que le patient ne présente pas de risque lié à cet excipient. Ce n'est pas un interdit : c'est un point à vérifier.
C'est aussi le fondement de la seule mention NS CIF : une contre-indication formelle et démontrée à un excipient présent dans toutes les spécialités du groupe, alors que la référence, elle, ne le contient pas.
Les 20 classes ATC ouvertes à la substitution
Les 2 premières (arrêté du 12 avril 2022) : R03A et R03B — maladies obstructives des voies respiratoires, médicaments inhalés.
18 ajoutées (arrêtés du 13 juin 2025 et du 10 avril 2026) : A01AB préparations stomatologiques · A06AD laxatifs osmotiques · D01A antifongiques topiques · D03A cicatrisants · D04A antiprurigineux · D05A antipsoriasiques topiques · D06A antibiotiques topiques · D07 corticoïdes dermatologiques · D08A antiseptiques et désinfectants · D10A anti-acnéiques topiques · D11A autres dermatologiques · G01A anti-infectieux gynécologiques (hors associations avec corticoïdes) · M02A topiques articulaires et musculaires · R01A décongestionnants et préparations nasales · R02A préparations pour la gorge · S01A anti-infectieux ophtalmologiques · S01E antiglaucomateux et myotiques · S02 otologiques.
Aucune situation médicale particulière n'est exigée pour ces 18 classes — d'où la colonne « Toutes » du tableau. Les seules restrictions vivantes portent sur R03 (Sérétide).
Hybride, générique, biosimilaire — ne pas confondre
- Générique : strictement identique à la référence (même substance, même dosage, même forme), bioéquivalence démontrée par des études classiques. Les 3 mentions NS existent (MTE, EFG, CIF).
- Hybride : même principe actif, mais diffère sur au moins un point — indication, dosage, forme, voie — ou bioéquivalence démontrée autrement. AMM appuyée en partie sur de nouvelles données cliniques. 2 mentions NS (EFG, CIF).
- Biosimilaire : produit par une cellule ou un organisme vivant, similaire mais non identique à son biomédicament de référence. Traçabilité du lot obligatoire. Mention NS sans formalisme particulier.
Ces trois régimes convergent sur un seul point : depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, le refus de substitution a la même conséquence financière pour le patient dans les trois cas.
Tiers payant contre substitution
Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, le dispositif « tiers payant contre génériques » couvre aussi les hybrides et les biosimilaires substituables. Un refus de substitution n'est plus sans conséquence pour le patient. Base : art. L.162-16-7 du Code de la sécurité sociale, modifié par la LFSS 2026.
La règle, en une phrase
Le tiers payant est réservé aux patients qui acceptent la substitution. S'ils refusent, ils règlent la totalité du médicament délivré, et leur remboursement peut être minoré — calculé, selon les cas, sur la base du prix du plus cher du groupe de substitution.
Le patient peut donc supporter un reste à charge. C'est pour cela que l'information se donne AVANT la délivrance, pas après le rejet en caisse.
Les 4 situations au comptoir
Substitution normale, tiers payant appliqué. Ne rien dire de plus qu'à l'habitude — la règle du tiers payant n'a pas à être annoncée quand elle ne change rien.
C'est le cas nouveau. Le patient paie la totalité de la boîte délivrée et sera remboursé ensuite, éventuellement sur une base minorée. On l'explique avant d'encaisser, calmement, et on lui laisse le choix — le refus reste son droit.
Le tiers payant reste dû. On délivre la référence, en tiers payant, sans discussion. Encore faut-il que la mention soit conforme — et les règles diffèrent selon la famille (tableau ci-dessous).
Le tiers payant reste dû, même sans substitution et sans mention NS. Cas fréquent quand les prix se sont rapprochés. Pour les génériques s'ajoute le cas du médicament sous TFR.
La mention « non substituable » n'obéit pas aux mêmes règles selon la famille
C'est le point le plus contre-intuitif du dispositif : l'hybride, qui ressemble le plus au générique, est le plus strict des trois.
| Famille | Mentions NS admises | Formalisme |
|---|---|---|
| Générique | MTE · EFG · CIF | Mention par médicament et par situation, informatisée ou manuscrite. |
| Hybride | EFG · CIF uniquement EFG : enfant < 6 ans, aucune forme galénique adaptée dans le groupe. CIF : contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire présent dans toutes les spécialités du groupe. | « MTE » n'existe pas pour un hybride. Mention par médicament et par situation, informatisée ou manuscrite. |
| Biosimilaire | Toute raison tenant à l'état de santé du patient | Aucun formalisme particulier n'est prévu (art. L.5125-23-2 CSP). En pratique, surtout des ophtalmologues sur Eylea et Lucentis. |
Que faire d'une mention « NS (MTE) » sur un hybride ? Elle n'est pas conforme aux situations prévues. Ce n'est pas au comptoir de trancher un litige de remboursement : délivrer selon la prescription, et appeler le prescripteur si le doute porte sur l'intention. Tracer l'échange.
Ce qu'on dit au patient — avant la délivrance
Trois phrases, dans cet ordre. Le but n'est pas d'obtenir un oui, c'est que le patient décide en sachant.
Une question ouverte (« ça vous va ? ») invite au refus là où il n'y avait pas de sujet. On informe, on ne négocie pas.
Factuel, jamais comminatoire. « Vous n'avez pas le choix » est faux et retourne le patient contre l'équipe.
Le refus n'est presque jamais un refus du médicament : c'est un refus du changement. Un essai borné dans le temps lève l'essentiel.
Ce qu'on ne dit pas
- « Vous ne serez pas remboursé. » Faux. Il sera remboursé, éventuellement sur une base minorée. Dire faux se retourne toujours.
- « C'est obligatoire / vous n'avez pas le choix. » Faux aussi : refuser reste son droit. Ce qui change, c'est le coût de ce droit.
- « C'est un générique. » Ni l'hybride ni le biosimilaire n'en sont un. Sur un biosimilaire, cette phrase alimente précisément la méfiance qu'on essaie de lever.
- Chiffrer le reste à charge de tête. La base de remboursement minorée dépend du groupe. Annoncer un montant faux vaut moins que dire « je ne peux pas vous le chiffrer précisément ».
- Rien, et laisser découvrir en caisse. C'est la seule vraie faute : l'information est due avant la délivrance.
Pourquoi ce dispositif existe — de quoi répondre si on nous le demande
Argumentaire de l'Assurance maladie : le recours aux hybrides et biosimilaires participe à la maîtrise des dépenses, contribue à prévenir les ruptures d'approvisionnement en élargissant l'offre, et favorise un accès durable aux traitements — à niveau d'efficacité, de qualité et de sécurité identique.
Position de France Assos Santé, à connaître aussi : le dispositif fait porter une pression financière sur le patient. Au comptoir, cela ne change pas la règle, mais cela justifie de rester du côté de la pédagogie et du consentement éclairé, jamais de la contrainte.
Autre changement du 1ᵉʳ septembre 2026 : la prescription en DCI
Depuis la même date, la prescription d'un médicament biologique doit être faite en dénomination commune internationale (ou, à défaut, en dénomination commune usuelle). Le nom de marque peut encore figurer sur l'ordonnance mais n'est plus obligatoire (art. L.5121-1-2 CSP).
Conséquence concrète : de plus en plus d'ordonnances de biologiques arriveront sans nom de marque. La traçabilité du lot, elle, reste entière — c'est le pharmacien qui inscrit le nom délivré.
Cadre réglementaire
La substitution biosimilaire à l'officine, en clair. Base : article L.5125-23-2 du Code de la santé publique et arrêté du 10 avril 2026 (modifiant l'arrêté du 20 février 2025).
La substitution en 5 dates
⚠️ Le tiers payant n'a pas modifié la liste des groupes substituables : il change ce que coûte un refus, pas ce qu'on a le droit de substituer. Les deux se suivent séparément — la liste par arrêté au JO, le registre hybrides par décision ANSM.
Quand puis-je substituer ? (les 3 conditions)
- Le biosimilaire délivré appartient au même groupe biologique similaire que le médicament prescrit.
- Le prescripteur n'a pas exclu la substitution par une mention expresse et justifiée (« non substituable »).
- La substitution n'entraîne pas de dépense supplémentaire pour l'Assurance maladie.
Modalités générales (arrêté du 20 février 2025)
- Informer le patient de la substitution (modalités à votre appréciation).
- Indiquer sur l'ordonnance le nom du biomédicament délivré (limiter le risque de confusion).
- Coopérer à l'apprentissage du patient/aidant à l'auto-administration (dispositifs factices fournis par les laboratoires).
- Rappeler les règles de conservation.
- Aviser le prescripteur de la substitution (modalités à votre appréciation).
- Enregistrer le nom et le n° de lot du médicament délivré → traçabilité obligatoire de tous les médicaments biologiques.
- Assurer la continuité : délivrer le même biosimilaire lors des dispensations suivantes.
Conditions spécifiques par groupe
- Adalimumab, énoxaparine, époétine, étanercept : substituer des spécialités de même dosage en substance active.
- Adalimumab : ne pas substituer par un biosimilaire de volume d'injection supérieur au médicament prescrit.
- Follitropine α : dispenser une spécialité permettant la posologie exacte prescrite (stylos multidoses ↔ unidoses) ; vérifier le stylo adapté pour les cartouches ; accompagner le protocole de stimulation ovarienne.
- Ustékinumab : veiller à la continuité du traitement selon l'indication AMM de chaque spécialité — toutes n'ont pas toutes les indications ni toutes les présentations (seringue/stylo, 45/90 mg).
Substitution vs interchangeabilité
Substitution = acte pharmaceutique
Le pharmacien remplace le médicament prescrit par un autre du même groupe. Il doit ensuite assurer la continuité avec le même biosimilaire.
Interchangeabilité = acte médical
Le médecin peut changer un biomédicament pour un autre équivalent, en primo-prescription ou en cours de traitement. Conditions ANSM : accord du patient, surveillance clinique, traçabilité.
Mention « non substituable » & retour en arrière
Le médecin peut s'opposer par une mention expresse et justifiée portée sur l'ordonnance, pour des raisons tenant à l'état de santé du patient (pas de formalisme imposé). En pratique, elle persiste surtout chez les ophtalmologues (Eylea, Lucentis).
Sur demande de l'ANSM, pour adalimumab, énoxaparine, époétine, étanercept, follitropine α, tériparatide et ustékinumab, le patient peut revenir à la spécialité initialement délivrée si nécessaire, selon ses retours.
Pourquoi les insulines sont-elles exclues ?
L'ANSM exclut la substitution des groupes insuline asparte (NovoRapid), insuline glargine (Lantus) et insuline lispro (Humalog), en initiation comme en cours, pour 4 raisons :
- Effets indésirables graves voire fatals en cas d'erreur (prescription/dispensation/administration).
- Populations vulnérables (enfants, femmes enceintes) — équilibre glycémique difficile.
- Impossibilité de fournir un tableau exhaustif de compatibilité insulines ↔ pompes.
- Risque lié au passage d'un stylo prérempli à un flacon.
Définitions utiles
- Médicament biologique / biomédicament : obtenu par un procédé biotechnologique impliquant une source biologique (protéines, cellules…).
- Médicament biosimilaire : similaire à un biomédicament de référence autorisé en Europe depuis plus de 8 ans et dont le brevet est tombé dans le domaine public. Similaire, mais non identique — ce n'est pas un générique.
Arguments & objections
De quoi outiller l'équipe au comptoir : pourquoi substituer, comment bien le faire, et comment répondre aux objections.
Les arguments en faveur de la substitution
Bien substituer : les bonnes pratiques
- Le bon timing. Proposer quand l'état du patient est stable — jamais en poussée inflammatoire ou recrudescence des symptômes.
- La décision partagée. L'effet nocébo est moins fréquent quand la substitution est issue d'une décision partagée (médecin / IDE d'éducation thérapeutique / pharmacien) et que le patient est accompagné.
- Manipuler le factice. Faire prendre en main le dispositif factice aide le patient à se projeter et le rassure.
- Laisser le choix. Idéalement, proposer le choix entre au moins deux modèles de dispositif.
- Respecter l'histoire du patient. Maladies chroniques lourdes, longue errance parfois : l'injection est un rituel, en changer bouscule.
Répondre aux objections
Générateur de fourreau
Créez un fourreau à imprimer et scotcher sur la boîte : l'équipe voit d'un coup d'œil que le biosimilaire délivré est l'équivalent du princeps. Code couleur calé sur la boîte du princeps, dispositif, conservation et case n° de lot pour la traçabilité.
Composer le fourreau
Optimiseur achats Titulaire
🔒 Accès réservé titulaire
Cet onglet contient des conditions commerciales confidentielles. Toutes les données restent 100 % locales à ce navigateur (rien n'est envoyé, ni partagé avec l'équipe).